L'Ennemi Intérieur

Voyage au Col du Feu Noir (1)

Après la chute

Thiebold, en seigneur sans terre, ne prendra pas part à la contre-attaque d’Übersreik, arguant un devoir envers les nains. En tant que héros de l’Empire, le Graf Aschaffenberg ne voit pas comment le forcer.
Le temps de panser leurs plaies, Algrunt, Thiebold mais aussi Solveig Norgunson prennent la voie de Karak Azgaraz, guidés par Grodwek. Un voyage périlleux ? Non, il se déroule sans la moindre anicroche grâce à la compétence de leur guide. Les guetteurs gobelins sont présents, mais plus rares qu’escompté, et facilement contournables. Ce n’est pas Karak Azgaraz leur cible. D’ailleurs, de l’entrée secrète qu’ils comptent emprunter, ils peuvent entre apercevoir, loin en contrebas, la Waaagh ! Sa taille est devenue ici modeste. Elle est juste suffisante pour éviter une sortie des nains, sûrement pas pour attaquer.

Découverte d’un héritage du clan

Thiebold est accueilli dans le karak. Il est presque déçu par rapport à ce qu’il s’attendait à découvrir. Même s’il n’a bien sûr pas de vision d’ensemble, rien de grandiose et il semble finalement peu peuplé.
Avant d’être reçu par le Roi Thunringar Tailleorc, Algrunt présente Thiebold, ainsi que la raison de sa venue, au Loremaster Hagar Barbegrise.
Hélas, le frère jumeau de Firengul est aussi mort lors de la seule offensive des Peaux-Vertes durant cette Waaagh ! Les Tueurs étant sans clan, la hache n’a plus de possesseur légitime connu. Le Loremaster doit donc faire la recherche pour la remettre au descendant du plus ancien porteur légitime connu. Le Loremaster fera quelques recherches mais a d’autres priorités ; il laisse donc la charge de la recherche à Algrunt, peu versé là-dedans et à… Grodwek, qui pensait pouvoir repartir l’air de rien ! Pour Solveig, il a d’autres plans…
Le Roi Thunringar reçoit Thiebold, écoute son rapport et, en tant qu’ami des nains, lui offre l’hospitalité le temps de lui permettre de réaliser la mission qu’il s’est fixée pour régler sa dette d’honneur envers le peuple nain à qui il doit la vie.

Le Voyage

Solveig se voit contrainte de quitter rapidement le karak.
La seule personne de son clan qu’elle apprécie parce qu’il lui a montré la voie est l’un de ses cousins, Roigan Norgunson. Il lui a prouvé qu’il était possible de tourner le dos aux traditions claniques, mais pas nécessairement à son clan. Comme elle, il ne voulait pas devenir engingneur. Faisant fi de l’opprobre, il a alors arpenté le monde des humains en tant que garde du corps. Il est cependant, dans ses missions, toujours resté fidèle aux intérêts du karak.
Or, Roigan a disparu pendant une mission secrète qui lui aurait permis d’augmenter significativement l’aura de Karak-Azgaraz, vu comme un obscur karak à l’autre bout du Royaume Nain.
Belkrun Thundrik, l’apprenti du Loremaster, a très récemment trouvé des plans secrets de Karak Drazh, maintenant connu sous le nom de Black Crag. Depuis près de 3000 ans, cette forteresse naine est occupée par les Peaux-Vertes, actuellement sous le joug du Roi-Squatter Gorfang Rotgut, un orc noir.
Il y a une dizaine d’années, profitant de l’absence du roi de Karak Azul, Kazador, ainsi que de la majeure partie de ses troupes, Gorfang Rotgut a lancé un assaut sur Karak Azul, non pour le prendre, mais pour tuer un maximum de nains. Son infâme assaut a réussi. De nombreux prisonniers nains ont été ramenés enchaînés en tant qu’esclaves au Black Crag et le Roi Kazador a retrouvé à son retour son fils, rasé et cloué sur le trône de son père. Inutile de décrire la rage du Roi Kazador.
Remettre les plans secrets à Karak Azul serait extrêmement précieux pour le Roi Kazador, lui permettant peut-être de libérer une partie de son peuple, voire de reprendre Karak Drazh. L’idée vient de Belkrun et il tenait à faire l’expédition lui-même.
Les plans ont toutefois été protégés. Le forgerune Muran Crânesombre a créé un bouclier runique pour servir de cache, et même de couverture, aux plans. Ils ont été insérés dans le bossage du bouclier et l’expédition est officiellement montée pour offrir un bouclier au Roi Kazador pour l’aider à combattre ses ennemis, rien qui n’attise outre-mesure les convoitises, même et surtout celles des nains d’autres karaks. Karak Drazh doit pouvoir être repris grâce à Karak Azgaraz, pas grâce à l’aide d’un autre karak !
L’expédition, composée de l’apprenti Belkrun, du Forgerun Muran et de deux gardes solides (Roigan Norgunson et Bardin Blatterzarn), est partie en direction de Karak Azul il y a environ 6 semaines. Les dernières nouvelles de l’expédition proviennent d’Averheim, là où l’expédition a rejoint l’Ancienne Route des Nains, route qui s’étend de Wurtbad à la capitale des Royaumes Nains, Karaz-a-Karak, en passant par le Col du Feu Noir.
La route empruntée par l’expédition devait être la suivante : prendre la route d’Übersreik jusqu’à Bögenhafen, puis un bateau jusqu’à Talabheim (via Altdorf et Nuln) ; à Talabheim, reprendre à pieds l’Ancienne Route des Nains jusqu’à Karaz-a-Karak et de là rejoindre, peut-être par les tunnels, Karak Azul.
Solveig a financièrement bien négocié son aide et est partie dès le lendemain, heureuse de laisser Karak Azgaraz derrière elle, traversant une fois de plus le siège des troupes de Washnack Gorejaw.

Du côté d’Algrunt et Grodwek, les recherches prennent près d’une semaine et se révèlent assez intéressantes.
Apparemment, la hache est d’abord apparue à Karak Azgaraz par les descendants de Drumin Dumwinson, nommé aussi dans certains enregistrements comme Thane de Karag Dronar (“la Montagne des Vents Hurlants”). Son corps reposerait dans le pic lui-même.
La lignée de Drumin remonte à l’ère de Sigmar, à un ou deux siècles près. À cette même époque, un autre porteur est attesté : un certain Stronnomir, tué par trahison. Son corps repose également à Karag Dronar.
Sur la hache elle-même, que l’on nomme maintenant la Hache des Clans Perdus, ses runes seraient efficaces contre démons et peaux-vertes. Sa conception daterait du temps de Stronnomir, ce qui alléguerait le fait que Stronnomir puisse être le premier porteur et le récipiendaire légitime.
Mais une vieille légende remonte à la mémoire de Grodwek à propos de Stronnomir.

La légende des Cavaliers de l’Orage

Durant le règne du Roi Bregan Barbefeu – ou peut-être était-ce Bregan Trouverune – les tribus humaines s’alliaient souvent aux Nains, combattant aux côtés des guerriers nains contre les hordes de Peaux-Vertes. Après l’un de ces batailles, un chef humain, nommé Uathach si l’on en croit les histoires, s’est retourné contre ses alliés. Il attaqua le Thane Stronnomir et son clan et les massacra. Triomphant, il revint vers son roi humain, porteur de la tête de Stronnomir, et proclama que les humains, et non les nains, règneront pour l’éternité sur montagnes et vallées alentour. Son roi entra dans une fureur noire, car il tenait l’amitié des Nains en haute estime. Le roi maudit Uathach et ses hommes et leur ordonna de chevaucher pour l’éternité en quête de batailles, sans jamais revenir sur les terres qu’ils réclamaient. Depuis ce jour, on entend ici ou là parler des Cavaliers de l’Orage, des spectres descendant des cieux orageux à la recherche de sang et de mort.

Le Loremaster félicite Algrunt et surtout Grodwek pour ses recherches, et sa méthodologie peu académique qui a permis de trouver le lien entre la Hache et Stronnomir.

Réunion

Il convoque ensuite une réunion à 5 : Algrunt, Grodwek, lui-même, son assistant Grom Brokkson et le Thane Gronmir “le Sanglier” Dorisson. Le thane dirige les débats car il est marié à la sœur de l’un des cousins de Firengul, ce qui fait de la hache Son problème : c’est à lui que reviendra la décision de son avenir.
La réunion est assez rapide et il est décidé que Grodwek et Thiebold se rendront au Col du Feu Noir à la recherche de Karag Dronar. Le porteur temporaire de la hache sera Grodwek.
Cependant, il n’y a pas unanimité. Grom Brokkson quitte furieux la réunion avant qu’elle ne soit levée. L’assistant du Loremaster, un jeune nain, est responsable de la tenue du Livre des Rancunes du karak. Il estime que Thiebold ne devrait pas participer à l’expédition. C’est pour lui une hérésie que de voir un humain “protéger” une hache portée par Stronnomir, assassiné par la forfaiture de ce peuple. De plus, accessoirement, la hache devrait rester au karak pour combattre ses ennemis, ce que Stronnomir approuverait certainement (selon lui).

De Karak Azgaraz à Grenzstadt

Le Siège Percé

Et ainsi Grodwek passe pour la cinquième fois les lignes ennemies pour entreprendre, avec Thiebold qui connaît le Col du Feu Noir, le plus long voyage de sa jeune existence de nain.
Il expérimente les voyages en barge, moyen de transport lent mais régulier. Thiebold suspecte le vieux capitaine kislévite de ralentir pour obtenir plus d’argent que prévu. Le budget qui a été alloué à Grodwek permet ces petits extras. Seule une journée est perdue à Averheim. Ils ne s’arrêtent que le temps des escales à Nuln et descendent à Averheim pour débuter la longue partie pédestre de leur périple, encore une fois sans profiter de la ville.
L’idée est d’essayer de rattraper Solveig partie une bonne semaine avant eux, pour mettre leurs efforts en commun dans leurs deux quêtes qui ont pris toutes deux la même direction.

Heideck

Sur l’Ancienne Route des Nains

Bien qu’il ne soit pas toujours aisé de suivre l’ancienne Routes des Nains, ils progressent bien et arrivent dans la ville de Heideck assez rapidement. Une ville humaine typique, avec des habitations exigües, collées les unes aux autres, ne laissant la place que pour des ruelles sales, le tout vaguement rassemblé autour d’une place centrale. Les habitations semblent fragiles et précaires, certaines semblent ne supporter que miraculeusement leur propre poids. Les habitants tendent à se rassembler autour de la place centrale pour échanger des biens au marché et visiter la taverne locale.
Toutefois, certaines rares habitations semblent être faites de pierre taillée de main de maître, et des runes à moitié effacées par le temps peuvent être devinées sur les plus grosses parties maçonnées. En particulier, le temple local de Sigmar est constitué de nombreuses pierres de cette qualité.

Le Tête d’Orc

La taverne qui servira de première étape douillette depuis le début du voyage pédestre, bien plus éprouvant que la barge, est la Tête d’Orc. Un crâne pourrissant de Peau-Verte érigé sur un pieu sert d’enseigne à la taverne. Les ragots locaux tournent autour de politique. La province n’a toujours pas de Comte Électeur. Le Luminaire Mauer est en charge des affaires courantes en attendant que l’Empereur adoube enfin un Comte Électeur. La populace semble encore partagée entre les von Alptraum et les Leitdorf.

Le Charlatan

Mais ce qui attire le plus l’attention ici, c’est un elfe. Un elfe, c’est déjà étrange, mais celui-ci l’est encore plus. Il converse bruyamment et avec plein d’enthousiasme avec un groupe d’hommes assemblé autour de sa table. Il fait de grands sourires et rit, on le croirait peut-être même ivre. “Mes amis ! Maintenant que nous nous connaissons et que nous sommes désaltérés, parlons affaires ; l’un d’entre vous serait-il prêt à me faire une offre ?” Il pose un rouleau crasseux de vélin sur la table. Un homme au feutre rouge propose dix clinquantes. L’elfe roule théâtralement des yeux, provoquant les rires de l’assemblée. Un autre fait mention, en marmonnant, de radieuses. L’elfe se penche avec intérêt. La négociation se poursuit et le rouleau se négocie finalement pour trois radieuses, permettant à l’elfe de regagner sa chambre, satisfait.
Grodwek n’a jamais vu d’elfe, mais Fariel, puisqu’il s’est présenté sous son nom, ne correspond pas aux stéréotypes dont les Loremasters l’ont abreuvés. Il est vêtu de robes bleues et blanches, à la mode d’Ulthuan, mais la coupe et la matière de ses vêtements est plus modeste que ce que l’on attend d’un Haut Elfe. De plus, ses cheveux bruns sont en bataille et sa peau est tatouée de motifs verts tourbillonnants, typique de l’Elfe des Bois.

L’Étrange Étranger

L’acquéreur est grand et musculeux, environ de 35 ans, avec une grosse moustache noire, un nez cassé et quelques dents en moins. Après avoir étudié dubitativement le document quelques instants, il se présente à Grodwek en tant que Rudi Zalt. Il lui demande s’il serait d’accord pour traduire la carte qu’il a achetée. Il s’agit d’une carte partielle des ruines naines de Heideck – sans doute un avant-poste commercial datant du temps de l’Âge d’Or, lorsque elfes et nains se partageaient en paix le Vieux Monde. Rudi se présente comme un antiquaire qui travaille sur Altdorf. Lorsque Grodwek évoque sa rémunération, Rudi indique pouvoir aller jusqu’à 20 clinquantes.
En voyant le contenu du rouleau, Grodwek lui annonce que ce sera gratuit. Comme il s’y attendait, le document est un faux grossier. Il a été vieilli avec de la bière. Les runes ne sont qu’une approximation sommaire de Khazalid, le tout ne faisant aucun sens. Ce qui le rassure car il voit bien entendu d’un très mauvais œil qu’un pilleur de tombes sous des faux airs d’antiquaire ne farfouille dans les ruines naines.
Apprenant cela, Rudi enrage devant “cet escroc parjure aux longues oreilles”. Il court vers la chambre de Fariel et tambourine à sa porte. Thiebold et Grodwek lui suggèrent d’aller voir du côté de la fenêtre, prévoyant que l’elfe n’a pas fait de vieux os sur place. Bingo ! La fenêtre est ouverte et la chambre vide.
Une fois sa rage calmée, Rudi, après avoir échangé quelques mots à l’homme au feutre rouge, offre une bière, ma foi honnête – même pour un nain, à Grodwek et Thiebold, le temps de finir de cracher sa bile sur les elfes.
Tout le monde finit par trouver sa chambre – bien que la bière tape bien sur le crâne. La promesse d’un bon lit est accueillies avec bonheur.

Une Apparition

Morrslieb, pleine et gibbeuse, se lève, baignant Heideck d’une lueur verte surnaturelle. Grodwek est réveillé par un cri grave et plaintif, venu de l’extérieur. À travers les persiennes, il se rend compte que sa fenêtre donne directement sur les ruines naine de Heideck ! Une lueur se déplace dans les ruines. Ce n’est pas une simple lueur, mais une apparition, celle d’un nain ! Il se tourne vers Grodwek et semble le regarder droit dans les yeux – c’est évidemment impossible vu la distance, la nuit et la séparation des persiennes : il ne peut voir Grodwek.
Et en plus, il lui parle. En tout cas, il entend du Khazalid dans son esprit. “Mon parent, mon frère, nous sommes désacralisés, déshonorés par des pilleurs, par pitié, aide-nous.” Le spectre se volatilise alors doucement.
Grodwek n’a pas le choix, bien sûr. Il réveille Thiebold en lui expliquant que les ruines naines sont en train d’être pillées, notamment les tombes. Il a vu un revenant lui demandant de l’aide.

Les Catacombes Naines

Les deux compères sortent de l’auberge et se rendent sur les ruines. Là où le fantôme a disparu, une énorme dalle vient tout juste d’être déplacée, la terre est meuble. Elle dissimulait un escalier qui s’enfonce plusieurs pieds sous terre. La maçonnerie est naine mais a du mal à résister aux millénaires. De l’eau s’est infiltrée au bas de l’escalier, à tel point que Grodwek doit être porté par Thiebold, qui a pieds, pour avancer. Ils sont rapidement guidés par des bruits de pierres lourdes qu’on déplace, de ahannements. Plus loin, le passage remonte, permettant de laisser peu à peu l’eau derrière eux et de retrouver un terrain sec.
La lueur d’une lanterne permet de ne pas se tromper quant à la localisation des pilleurs. Grodwek et Thiebold peuvent les surprendre.

Une Leçon de combat

Grodwek attaque immédiatement et ne fait pas de quartier lorsqu’il voit la scène : l’entrée d’une salle est gardée par l’homme au feutre rouge. À l’intérieur, Rudi Zalt et deux autres hommes sont affairés à ouvrir des sarcophages. Deux sont ouverts et leur contenu est posé en deux piles sur le sol. On a bien affaires avec des pilleurs de tombes naines. Malgré les discussions et protestations des malfrats, l’atteinte à l’honneur nain est trop fort. Grodwek, aidé de Thiebold ne fait pas dans le détail ; à eux deux ils réduisent rapidement les quatre malfrats à des cadavres sanguinolents.
Les richesses des tombes sont assez exceptionnelles pour des individus qui n’étaient au final que de simples marchands. Il y a là principalement des bijoux de toutes sortes, les défunts n’étaient pas des guerriers. Ces richesses démontrent le déclin des Nains depuis des millénaires car aujourd’hui, seuls des Thanes d’envergure reposeraient avec de telles richesses avec eux.
Elles sont toutefois replacées par Grodwek et Thiebold dans les sarcophages, qui sont ensuite refermés. Grodwek fait du mieux qu’il peut une prière aux défunts ; puis, avec Thiebold, ils se contentent du maigre butin appartenant à Rudi et ses acolytes.

Comments

Pour mémoire, Solveig a réussi à obtenir, outre une enveloppe confortable pour ses frais de mission, une somme de 20 couronnes dont seulement 4 d’avance.

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