L'Ennemi Intérieur

Voyage au Col du Feu Noir (2)

L'Auberge Rouge

L’auberge de Peyrebeille

Un inquiétant bûcher

Entre Heideck et Grenzstadt, Solveig cherche un endroit pour camper alors qu’elle aperçoit une colonne de fumée dans un bosquet. Prudemment, elle s’approche : il s’agit d’un petit coche qui termine de se consumer. Pas de trace de cadavre, ni homme, ni bête ; et impossible de déterminer à qui aurait pu appartenir le véhicule. Personne non plus aux alentours.
Ne préférant pas camper là, elle reprend la route mais aperçoit au loin un homme et un nain : Thiebold et Grodwek !
Chacun explique à l’autre sa présence sur ces lieux et c’est naturellement qu’ils décident de continuer la route ensemble. Il y a justement une petite auberge-relais à l’horizon : l’Auberge de Peyrebeille.

L’auberge

Seul un jeune homme, piercing au sourcil, est attablé à l’intérieur lorsque Solveig entre, seule d’abord.
En attendant dehors, Grodwek perçoit des bruits de pelle derrière le corps de logis.
Ils s’arrêtent, provenant sans doute d’un mulâtre vêtu d’une cotte de travail pleine de terre. Accompagné d’un chat noir, il entre dans l’auberge et se fait servir une bonne portion de pot-au-feu.
Lorsque Thiebold et Grodwek se présentent, le patron fait de même : Augustus Schwab, chiqueur devant l’Éternel. Le repas, copieux, est servi par son épouse Ostelle, une grande blonde aux yeux bleus. Elle semble nerveuse, toujours en train d’implorer les dieux et de tripoter son tablier.
Au cour de la soirée, ils apprennent que deux patrouilleurs sont passés le matin à la recherche d’un riche marchand. Augustus leur demande s’ils n’ont pas croisé récemment un coche. Ils répondent par la négative.
Le repas est bon, le meilleur depuis des semaines, sauf pour Solveig qui reste à la bière. Ils sont vite perclus de fatigue et rejoignent chacun leur chambre – les 4 sont libres – mais où dort Oskar, l’homme au piercing ?

Une longue nuit

Solveig prend la meilleure chambre. Elle est presque somptueuse : broc d’eau avec coin pour la toilette, papier-peint et portraits aux murs, tapis, clé à la porte… Seulement, elle remarque rapidement que, sous les draps neufs, le matelas est gorgé de sang !
Il veut alerter Grodwek et Thiebold, mais ceux-ci sont peu réceptifs, surtout Theibold. Ils sont dans un semi-coma. La nourriture a sans doute été droguée. Les soins de Solveig, à base de vomissements, ne servent pas à grand-chose. Solveig, sûre que les propriétaires songent à les assassiner, regroupe tout le monde dans la chambre de Thiebold, barricadée. Grodwek dort par terre, Solveig veille assise sur une chaise.
La nuit est longue, mais calme.

L’effarante vérité

Le matin, ou plutôt vers midi, lorsque tout le monde est à peu près sur pied, ils quittent l’auberge, arme au poing. Ostelle, effrayée, ferme la porte à clé derrière eux.
Grodwek insiste pour voir derrière l’auberge quelle était la nature des travaux.
La terre est en effet meuble et il ne faut pas creuser bien loin pour découvrir un cadavre.Il est frais, mais… les meilleurs morceaux ont été enlevés ; un travail de boucher professionnel. Lorsque Solveig fait remarquer que c’était sans doute le repas de la veille, certains ne peuvent s’empêcher de cracher leur bile.
Les gens de l’auberge choisissent ce moment pour passer à l’attaque. Mais malgré la faiblesse de Thiebold et des nains, les voyageurs parviennent rapidement à bout de leurs assaillants.
Augustus est vivant mais inconscient et Ostelle se rend, implorant leur pitié. Elle est prête à tout leur raconter si Solveig donne sa parole de naine de la relâcher. Dont acte.
Elle explique que leurs soupçons sont fondés, que c’est son mari qui l’obligeait à être complice de ses atrocités : ils droguent parfois des voyageurs pour les voler et s’en servent même pour nourrir les clients suivants ! Seules les richesses monétaires sont conservées. Ce qui peut être brûlé l’est, ce qui ne peut pas est jeté dans la rivière. Elle leur montre où. Augustus leur a parlé des patrouilleurs pour éteindre les soupçons qu’il avait perçus.
Comme promis, Solveig la relâche mais, Thiebold ne l’entend pas de cette oreille et la poursuit. Elle lui donne tout de même du fil à retordre mais, près de la rivière, il parvient à la rattraper et la rapporte à l’auberge, par les cheveux.
Puis ils prennent les deux chevaux – non marqués – dans l’écurie et ficèlent Augustus et Ostelle sur l’un, prennent leur coffre contenant à la louche une cinquantaine de couronnes, principalement en pièces d’argent, et reprennent la route vers le Sud.
À l’auberge-relais suivante, ils ont de la chance de tomber sur des patrouilleurs ruraux. Ils confirment qu’a priori aucun collègue à eux ne serait passé à l’auberge de Peyrebeille la veille. Augustus, Ostelle, le coffre et l’histoire qui va avec sont livrés aux patrouilleurs.
Ceux-ci, souvent choyés par les aubergistes, ont du mal à croire l’histoire, d’autant qu’Augustus et Ostelle font front commun pour dénoncer Thiebold et les nains comme des voleurs et des agresseurs.
Les patrouilleurs passent la nuit à démêler le vrai du faux et finissent par croire aux accusations lancées par Thiebold, Solveig et Grodwek. Mais ils vont vérifier tout cela sur place. Ils les dispensent tout de même de les suivre à l’auberge.

Le prophète fou

Grenzstadt est maintenant tout proche. Un illuminé, décoré des symboles de toutes les religions impériales, les arrête brièvement. Vagabond, les cheveux grisonnant en désordre, les yeux fous, il prend Thiebold par la manche pour littéralement l’engueuler :

La hache frappe tel le tonnerre, lançant des étincelles. Foudre, tonnerre, orage dans les montagnes ! Vous réveillez un mal ancien. Mort ! La Mort va tous nous frapper !

Ils repoussent le vieux fou sans ménagement pour s’approcher de la porte septentrionale de la ville, ou plutôt de ce qui ressemble à une immense forteresse qui veille sur l’extrémité occidentale du Col du Feu Noir.

Grenzstadt

De hauts remparts de pierre encerclent la ville et des soldats en jaune et noir, aux armes de l’Averland, patrouillent sur les chemins de ronde et sont en surveillance derrière leurs meurtrières. Des douzaines de canons sont déployés le long des murailles.

La Taxe du Sou

En passant le péage à l’entrée, une affiche attire particulièrement l’œil, d’autant qu’elle est placardée aussi ça et là à l’intérieur des murs :

Recherchés : morts !
Ces barbares de Peaux-Vertes frappent nos terres !
Hommes de l’Empire ! Les Orcs apportent feu et destruction à nos innocents citoyens au nom de leur abominables divinités. Depuis leurs tanières dans les Montagnes Noires, leurs chef de guerre rassemblent leurs troupes pour attaquer les terres fertiles de l’Aver.
Dans sa grande sagesse, le Seigneur Von Tuchtenhagen a instauré la Taxe du Sou pour financer une prime généreuse pour toutes peau-verte tuée jusqu’à ce que la menace recule.
Pour postuler à une licence de chasses aux orcs dans les Montagnes Noires, rendez-vous en la propriété du Seigneur Von Tuchtenhagen, rue de la Comète, entre midi et six heures.
Notre seigneur s’assure de votre bien-être – rappelez-vous de payer la Taxe du Sou et de braver la menace orc !
La Taxe du Sou garantit votre protection.
Donc réglez la Taxe du Sou !

Les tavernes de Grenzstadt

Ils traversent la ville vers le quartier nain et l’auberge qui leur est conseillée, Dawr Urbaz (qui signifie grossièrement “Bien que ce local commercial ne soit pas très ancien, il est convenable pour les nains et donc remarquable.”)
Ils passent par la place centrale qui regroupe les autres tavernes de la ville (Le Skaranock, Au Secours du Roi Barbefer, La Dernière Étape). L’intérieur de la ville contraste avec l’extérieur : autant il n’y avait pas une habitation et une personne aux extérieurs, autant l’intérieur grouille de monde : de nombreux nains, des commerçants et beaucoup de pèlerins, la ville étant réputée être la dernière étape dans l’Empire avant que Sigmar ne le quitte en tant qu’homme pour se retraite dans les Montagnes Noires.

Le temple de la Garde Éternelle de Grenzstadt

D’ailleurs, sur la place centrale, se dresse le Temple de la Garde Éternelle. Protégée par des murs aussi épais que ceux de la muraille externe, une construction de basalte noir s’élève en une tour se terminant par une fine flèche, d’aspect incongrûment fragile par rapport aux murs qui l’entourent. Ce temple est le siège d’un ordre de prêtres sigmarites qui gardent une veille constante vers l’entrée des Montagnes Noires, dans l’espoir d’être les premiers à accueillir Sigmar de retour sur ses terres, ainsi que le prophétisent certains textes.

Dawr Urbaz

Dans la taverne de Dawr Urbaz – une plaque date son édification de 1467, soit plus de mille ans. Beaucoup s’étonnent de la petite troupe qui y entre : un humain et une femelle naine ! L’ambiance est cependant très conviviale et les conversations ont tendance à fuser d’une table à l’autre.

Les potins de Dawr Urbaz

Solveig cherche à savoir si son cousin, Roigan Norgunson, a été aperçu. C’est bien le cas mais les nouvelles restent au demeurant peu rassurantes : ils ne sont restés qu’une nuit, il y a environ 5 semaines, mais certains étaient salement blessés suite à une attaque de bandits sur la route.
Quant à trouver Karag Dronar, il n’y a pas de guide nain de disponible. Zarak Zurnisson, le contact de Grodwek (lorsqu’il se souvient de son nom), est parti accompagner une délégation de Karak Kadrin vers Karak Izor. Il ne doit pas revenir avant plusieurs semaines. Avec la menace orc et la recrudescence d’activité volcanique qui cloue les gyrocoptères au sol, les guides sont très demandés. Cependant, Dori conseille un guide humain vu dans les parages la veille, un certain Hans qui a son repère à La Dernière Étape. Il connaît le col presque aussi bien qu’un guide nain, il vient de les guider avec sa caravane sans qu’un seul nain ne soit perdu.
Sinon, pêle-mêle, quelques autres informations peuvent être tirées de la soirée passée à l’auberge :

  • Karag Dronar serait le prototype de Karak Hirn, mais pas érigé au même endroit, une merveille ingénierie naine qui utilisait la montagne elle-même comme dispositif d’alerte géant ; elle doit donc être assez distinctive. Le Roi Alrik Ranulfsson de Karak Hirn serait sans doute très intéressé si on retrouvait la localisation de ce karag appartenant à son karak.
  • Personne n’a entendu parler de Drumin Dumwinson, mais d’un Dumwin Ventrefort dont la lignée a été perdue depuis qu’il a été mangé par un géant au siège de Karaz Lumbar. Ayant perdu son territoire lors de cette bataille, sa descendance si elle existe est réputée être maudite.

L’auberge de La Dernière Étape

Hans Blichter

Thiebold décide de prendre ses quartiers à La Dernière Étape où il se fait présenter à Hans Blichter. C’est un homme grisonnant et frêle d’une trentaine d’années, un grand manteau vert, un chapeau à larges bords et un collier de 6 oreilles d’orcs momifiées complète le tableau. Il parle avec un fort zézaiement à cause de la perte de ses canines et incisives, ce qui là achève le tableau. Il n’inspire pas une forte confiance mais est prêt à guider Thiebold et les deux nains qui doivent l’accompagner.
Le problème, c’est qu’ils ne savent pas trop ce qu’ils veulent : traverser le col ou partir à la recherche d’une montagne avec une forme bizarre.
Lorsque le nom de Karak Dronar est enfin évoqué, Hans dit qu’il a un associé nain qui lui en a parlé mais que le voyage peut être dangereux, même si ce n’est pas très loin.
Après moult hésitations, il est décidé qu’ils partiront le surlendemain. Hans leur fournira l’équipement qu’il leur manque et les guidera d’abord – puisque le détour est minime – vers Karag Dronar avec l’aide de son associé, puis pour passer le Col du Feu Noir. Hans demande 10 couronnes pour ses services. Le marché est conclus.

Un visage familier

Le lendemain, en rejoignant Thiebold, Solveig remarque l’elfe aperçu quelques jours plus tôt par Thiebold et Grodwek sur la place du marché, en train d’essayer de vendre à des pèlerins un artéfact dérobé à la Tour Blanche de Hoeth qui révèlerait la vérité sur Sigmar.

Theodosius von Tuchtenhagen

Après avoir fait le point avec Thierbold, Solveig se rend chez le Seigneur Theodosius von Tuchtenhagen pour postuler à une licence de chasse à l’orc. Il est reçu dans un bureau par Theodosius lui-même, accompagné de son astromancien, pour la questionner sur ses motivations. Il finit bien sûr par lui accorder son permis, valable 3 mois, qui permet de demander 6 pistoles par oreille gauche d’orc, intacte et fraîche.
L’impression laissée par les lieux et l’homme est qu’ici, tout n’est fait que pour épater la galerie avec des dépenses inconsidérées pour la décoration – de mauvais goût de surcroît.
L’homme lui-même laisse l’impression d’un incapable notoire qui se conduit littéralement comme un porc vis-à-vis de ses soubrettes. Il est grand et maigre, avec de longs cheveux nattés d’un roux flamboyant, vêtu de robes somptueuses et de l’équivalent d’un petit coffre à bijoux sur lui. Il s’exprime avec une voix hautaine et méprisante, tout en affectant la plaisanterie. Bref, Solveig n’est pas mécontente de quitter les lieux avec son permis.

En compagnie d’étrangers

Le lendemain, c’est l’heure du départ. Hans est au rendez-vous et distribue vivres et équipements tout en discutant de l’organisation du voyage.
À peine la ville quittée, ils sont abordés par la forte voix d’un jeune homme étrange, avec une longue moustache noire graissée et des vêtements de soie colorés et un feutre à plume. Il demande, puis supplie devant leur refus, de pouvoir accompagner les voyageurs car son père, directeur d’un théâtre à Nuln – la fameuse compagnie Muller de Nuln – est parti par le col pour un voyage d’affaires à Zaragoz il y a maintenant deux mois sans être revenu. Il s’inquiète et souhaite de la compagnie pour rechercher sa caravane, car il ne pourra bien sur pas y arriver seul. Il finit par proposer de les payer et sort une bourse. Nouveau refus. Ils partent donc sans lui, le laissant au désespoir.

Dès la sortie du premier défilé, le territoire annonce la couleur : le voyage ne sera pas de tout repos. Un cairn semble délimiter la frontière des territoires orcs : une vingtaine de têtes humaines sont empalées sur 5 lances plantées au sol. Sur un rocher, un croquis fait de sang met en scène un certain nombre d’imposants personnages aux oreilles pointues – sans doute des orcs – démembrant avec délice de plus petites silhouettes – sans doute des nains.
Débouchant de derrière le cairn, envoyant valser d’une pichenette de sa botte une tête d’orc, apparaît un nain. Il s’agit du point de rendez-vous pour retrouver Gottri Folhache, le contact de Hans. Les présentations faites, Gottri annonce qu’il sait en effet où est Karag Dronar, bien qu’il n’ait jamais tenté de pénétrer à l’intérieur. Ils reprennent donc la route à cinq.

Plus loin, une diligence gît sur le côté de la vallée, sans doute depuis un petit moment. Ce n’est sans doute pas celle de Roigan, les nains devaient aller à pieds. Ils ne se donnent même pas la peine de se détourner.
Le pire est à venir : du haut d’un monticule, un orc hurle à l’attaque – merci pour l’avertissement – et ils sont arrosés de flèches. Pendant que les humains se mettent à l’abri, les nains – surtout Gottri – partent à la charge, voyant que les orcs, peu nombreux, semblent s’emmêler avec leurs arcs. Ce n’est qu’une ruse et Gottri parvient au contact affaibli, criblé de flèches. Le combat est bref et violent et Grodwek sauve la mise à Gottri – leur précieux guide s’en tire bien vu la parenté avec un porc-épic qui se dessinait. Les orcs n’étaient que 3 mais ont fait pas mal de dommages dans le rang des voyageurs.

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harraxel harraxel

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